(extraits)
« Non le plan automobile français n’est pas protectionniste. J’irai même plus loin, en affirmant que si l’on s’efforce d’étudier sérieusement les mesures annoncées par le gouvernement français, il doit au contraire être considéré comme un atout pour l’Europe ».
« Le secteur automobile traverse une crise inégalée par sa rapidité, son ampleur, et son caractère mondial ».
« Pour répondre à cette situation, un plan de soutien immédiat est nécessaire, s’inscrivant dans le cadre temporaire permis par la Commission européenne. A cet égard, nous avons opté pour des prêts aux constructeurs présents sur le territoire national. C’est l’instrument le moins protectionniste que l’on puisse imaginer. A la différence d’aides à l’investissement ou à la recherche et développement qui sont par définition subordonnées à des investissements dans le pays qui octroie l’aide, ces prêts viendront irriguer les constructeurs pour l’ensemble de leurs activités. Ils bénéficieront donc aussi bien aux usines implantées à l’étranger (soit environ 2/3 des capacités) qu’aux usines implantées en France. « Rappelons que les constructeurs français ont déployé leurs productions sur le territoire de nombreux Etats membres, que ce soit en République tchèque, en Slovénie, en Slovaquie, en Roumanie, en Espagne, au Portugal ou au Royaume-Uni. Les prêts vont donc bénéficier indirectement à tous ces pays ».
« Par ailleurs, loin de se limiter aux seuls constructeurs nationaux, notre plan automobile s’adresse bien à tous les constructeurs présents en France, quelle que soit leur nationalité ».
« Et les prêts que nous consentons aux filiales de crédit des constructeurs - rappelons que 70 % des véhicules sont vendus à crédit - ne sont eux non plus pas seulement destinés aux seuls constructeurs nationaux, mais bien à l’ensemble des filiales bancaires françaises des grands constructeurs européens ».
« Rappelons-le, en aucun cas le gouvernement ne demande évidemment aux constructeurs de fermer des sites hors de France ou de relocaliser des usines installées à l’étranger ».
« A aucun moment il n’a été demandé aux constructeurs d’acheter français ».
« Si la France contribue à préserver l’industrie automobile européenne, c’est l’Europe tout entière qui en sortira renforcée. Financer les constructeurs, c’est maintenir les projets d’investissements dans les usines européennes ; c’est se donner toutes les chances d’être au rendez-vous des grandes échéances en matière de véhicules propres ; c’est enfin permettre aux entreprises viables de préserver au maximum leurs emplois et leurs compétences qui seraient sinon menacés par la crise ».
« La France croit en l’Europe lorsqu’elle est ambitieuse et pragmatique. Ce que l’on a su faire en un temps record pour les banques, nous devons aussi être capables de le faire pour notre industrie. L’Europe doit afficher son volontarisme industriel. Un volontarisme qui n’est en aucun cas le refus de la concurrence, mais simplement le refus de la fatalité ».
